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Conseils d'utisation

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SERAINCOURT-08


 
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                Mairie: route de Remaucourt
                      Tél.: 03.24.72.36.41
                      Fax.: 03.24.72.36.41
                           Permanences:
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                         -Jeudi: 17h - 19h

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 11:17

Nous allons étudier successivement Seraincourt, siège d'une commanderie des Templiers et le village sous la première guerre mondiale.

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Published by Daniel RENAUDIN. - dans DonnéesHistoriques
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 16:47

 

                              Rappel historique sur les conditions ayant abouti au conflit

               


                                                                        Cliquer ici pour voir l'animation

  • L'occupation 

Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France. En guerre depuis deux jours déjà contre la Russie, elle veut prévenir une attaque conjointe de la Russie et de la France contre son territoire et met en œuvre sans attendre le plan ébauché vingt ans plus tôt par un officier d'état-major (le plan Schlieffen).

Considérant que l'avantage appartient à celui qui dégaine le premier, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Elle envahit sans attendre le Luxembourg et lance un ultimatum à la Belgique, exigeant le passage de ses troupes sur son sol. En quelques jours les ennemis sont aux frontières des Ardennes.

Défait dans cette «bataille des frontières» (14-24 août) faute d'avoir su anticiper les intentions ennemies, Joffre organise toutefois une retraite générale en bon ordre. De nouveau les routes de l'Ardenne retentissent sous les pas de l'envahisseur. Le 26, Sedan tombe entre leurs mains, le 27, Charleville, le 29 Rethel. C'est à cette même date, voire le 30 août, que les allemands ont certainement occupés Seraincourt.

 

 

Désormais la retraite est générale. Elle ne s'arrêtera que grâce à la victoire de la bataille de la Marne(septembre 1914).

En à peine un mois, les Ardennes sont entièrement occupées par l'envahisseur. Elles le resteront durant quatre longues années puisqu'il faudra attendre novembre 1918 pour que le département soit en partie libéré. Le 11 novembre 1918, jour de l'armistice, le front se situera en effet sur la Meuse.


         Cliquer ici pour agrandir puis sur la carte pour grossir

Les Ardennes ont le triste privilège d'avoir été le seul département français entièrement occupé.

    Carte comparative des départements ayant subi l'occupation allemande

 

Etant donné la proximité du front - la ligne de front ne passe qu'à quelques dizaines de kilomètres, elle est située au nord de Reims - nos villages servaient de lieux de repos aux soldats allemands.

   

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Soldats allemands le 1er janvier                             Soldats allemands à la ferme                      Soldats allemands au
1918 route de Chaumont sous                                             du Moulin                                                 getränkeausschank
                  la neige                         
                                                                                                                       (buvette)

       - La Vie Quotidienne des Villageois sous l'Occupation

 

Malgré l'occupation, la vie devait se poursuivre pour les populations occupées. Il fallait bien continuer les tâches quotidiennes afin d'assurer sa subsistance. C'est pour cette raison que se procurer de la nourriture fut la première des difficultés qui incombait chaque jour à la population civile. Tâches d'autant plus compliquées que les maris, les fils, tous les hommes jeunes étaient au front. Ce sont en majorité les femmes qui relevèrent le défi.

Pour acheter de quoi se nourrir, les ardennais devaient avoir des bons de ravitaillement. Le franc germinal n'ayant plus de valeur légale dans les territoires occupés, il fut remplacé, pour faciliter les échanges, par des bons de ravitaillement sur lesquels apparaît une valeur en francs.

Durant ce conflit, le ravitaillement a été crucial pour les populations occupées. Soumises aux réquisitions de tout genre, la part qui leur revient pour vivre est souvent minime.

Même la gestion des jardins particuliers est contrôlée.

La chasse est prohibée dans toute la zone occupée en dehors de celle avec armes bien sûr puisque la détention des armes de chasse était interdite, mais la chasse au furet ou au filet. Voilà un complément alimentaire non négligeable dans les zones rurales qui a été supprimé par les allemands.

Malgré les contraintes liées à l'occupation(soldats allemands très nombreux dans les villages), les ardennais ont tenté de continuer à vivre le plus normalement possible, essayant de perpétuer les cérémonies qui rythmaient la vie d'avant-guerre comme les baptêmes, communions, mariages ou enterrements.

Mais il n'est pas toujours facile de pouvoir pratiquer sa religion en temps de guerre. La présence de catholiques et surtout de protestants allemands, fortement désireux d'assister à « leurs offices », a des conséquences brutales. A partir de janvier 1917 à Seraincourt, il faut laisser l'église à la libre disposition des Allemands pour eux célébrer leurs offices, les habitants devant se contenter des horaires restés libres pour les leurs.

 

- Le temps des réquisitions:

 

Face à l'allongement du conflit les ressources allemandes commencent à diminuer alors que le front est toujours fortement consommateur de munitions.

Afin de pallier ce manque de matières premières, surtout en produits métalliques, les allemands pillent les régions occupées en récupérant tout ce qui peut-être fondu. Les statues, grilles, mais surtout les cloches sont les plus recherchées et sont souvent systématiquement réquisitionnées puis fondues.

Les Ardennes ne font pas exception, l'occupant privant dès 1916 différentes villages de leurs cloches.

Seraincourt ne fait pas exception, malheureusement je n'ai pas de photo de ce « vol ». Je vous en montre une où les Allemands retirent la cloche de l'église de Barby. Celle d'à côté vous montre le baptême de la nouvelle cloche de Seraincourt le 27 mars 1927.

 



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- Les femmes et le travail obligatoire:

 

La majorité des jeunes hommes et des pères de famille sont partis sur le front.Cette situation inédite d'une guerre qui dure oblige les femmes à se mettre au travail et à prendre la place des hommes à la ville comme à la campagne. Les Ardennes, département rural, sont considérées comme une réserve de production alimentaire pour l'occupant. A ce titre, les femmes sont les premières touchées par les réquisitions humaines pour poursuivre la production ardennaise. Elles sont encadrées par les allemands et doivent se soumettre aux travaux que ces derniers leur imposent. Le travail dans les fermes fut tout spécialement pénible puisque les journées de travail exigées par l'occupant duraient souvent plus de 10 heures: 7 heures du matin à midi et 14 heures à 19 heures.

 

Les deux photos suivantes vous donnent un exemple de ce qui se passait dans nos villages en vous montrant un groupe de femmes réquisitionnées, la première à Thin-le-Moutier, la seconde à Sery.

 

 

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- Les Ardennais et la résistance:

 

La résistance a laissé durant ce premier conflit mondial peu de traces en ce qui concerne les Ardennes. Qu'elle soit passive ou active, que ce soient des actes de sabotage ou des refus d'obéissance, la résistance ardennaise transparait timidement.

Dés le début du conflit les occupants ont fixé rapidement des règles drastiques que la population doit respecter sous peine de sanctions pouvant aller de la simple amende, à la prison, à la déportation en Allemagne et jusqu'à l'exécution(dans le chapitre suivant je vous dresse une liste, non exhaustives, de ces règles et des sanctions qui s'y rattachent).

Les affaires les plus courantes ont concerné la dissimulation de soldats français qui étaient restés derrière le front en septembre 1914 et qu'il y avait obligation de dénoncer.

L'une de ces affaires la plus incroyable est celle qui se déroula à Seraincourt, plus spécialement à Forest et qui est décrite dans le lien ci-dessous:

L'affaire des soldats cachés à Forest

 

- Les Ardennais face aux brimades, interdictions, obligations:

 

 

Dans les régions occupées, l'ennemi a instauré sa domination implacable sur les malheureux habitants, véritables prisonniers civils. Il fait peser son joug de fer. Rien n'a été épargné à nos compatriotes: ni les insolences, ni les menaces, ni les vexations, ni les cruautés. Sans nouvelles de leurs parents les plus chers, de leurs pères, fils, maris qui combattaient dans les rangs des armées alliées, livrés sans défense à l'abominable propagande de la Gazette des Ardennes(les autres sources d'informations sont inexistantes). Les souffrances corporelles s'ajoutent au déchirement moral.

Le témoignage de l'abbé LÉPINE, curé de Seraincourt depuis 1913, est édifiant à ce sujet lorsqu'il parle de l'occupant: « Ivrognes, orgueilleux, menteurs et barbares pour la plupart. La méthode d'occupation du pays ennemi restera éternellement un stigmate de honte pour la nation allemande. On ne sait ce qui domine le plus dans le caractère de l'Allemand. Il a certainement des qualités qui complèteraient parfaitement les nôtres, mais les qualités du peuple allemand sont chez lui des défauts ».

Et s'il est un exemple à donner qui démontre la barbarie dont fait preuve le soldat allemand c'est celui de ce vieillard de Seraincourt tué à coup de canne dans la rue parce qu'il n'aurait, soi-disant, pas été assez respectueux.

Au cours de ce conflit, en dehors des hommes mobilisés, la population est restée assez nombreuse dans les Ardennes.

A partir de 1915, l'occupant se débarrassera des bouches inutiles ou indésirables en organisant des convois de déportation qu'ils expédiaient en dehors de la zone occupée. En revanche, la densité de la population des Ardennes est relativement faible aussi les Allemands s'arrogent le droit de déplacer dans ce département des populations d'autres départements occupés. Pendant toute la durée de la guerre, les Ardennes reçurent des populations originaires du nord de la France.

Ces populations, bien souvent issues d'un milieu ouvrier urbain scandalisent couramment les ruraux ardennais par leur mauvaise conduite.

C'est ainsi que Seraincourt reçut des déportés de Lille et voici un autre témoignage de l'abbé LÉPINE qui s'étonne de la promiscuité qui règne au sein de cette population: « La fille des rues, la courtisane était mêlée à la fille vertueuse. Qui pourra jamais flétrir la conduite infâme des Allemands? Ils arrachent à leur mère des jeunes filles, des fillettes, ils les emmènent au loin, les font habiter et travailler dans la promiscuité la plus honteuse et très dangereuse pour leur vertu, mais ruiner les santés, enlever la morale était un de leurs plans diaboliques. Il réussit hélas en partie ».

Ces déportés étaient obligés de faire toutes sortes de travaux pour lesquels ils n'étaient pas formés, comme le travail aux champs par exemple, vivant tantôt en commun, tantôt chez l'habitant. Rien n'était préparé pour les recevoir, ils vivaient d'expédients et de rapines. Tout le monde était mécontent, le déporté mais aussi l'habitant. L'abbé LÉPINE dit d'ailleurs à ce sujet: « là où il s'adresse, l'émigré n'est pas toujours bien reçu ».

L'occupant impose de nombreuses humiliations aux populations soumises à son autorité, le régime de contraintes imposé aux ardennais fut d'une rigueur inflexible. Les amendes de toutes sortes et les condamnations pleuvent sur les malheureux habitants et souvent pour des motifs futiles.

Liste non exhaustive des Brimades, interdictions, obligations subies par les populations de nos village et de Seraincourt en Particulier(cliquer sur la surbrillance).

A la lecture de cette liste qui ne couvre que la période allant de septembre 1914 à la fin de l'année 1916, on peut se demander si les allemands n'avaient pas créé une section spéciale destinée à réfléchir sur les moyens à utiliser et à mettre en place pour asservir toujours plus les populations civiles se trouvant dans les territoires occupés.

Il est évident que parmi cette population et devant l'appétit toujours plus grand des Allemands à s'approprier tout et n'importe quoi de ce qui leur appartenait, beaucoup d'habitants usèrent d'imagination afin de soustraire à cette convoitise les objets qui leur étaient les plus chers. Les cachettes furent innombrables, mais cela était fait aux risques et périls des intéressés. Gare à ceux qui se faisaient prendre! La « justice » allemande était implacable et les sentences extrêmement lourdes.

 

La nature des traitements infligés à nos populations occupées justifiera, lors du second conflit mondial, l'importance des populations ardennaises évacuées en vue d'échapper à une nouvelle occupation allemande.

 

- La Libération:


- La retraite allemande

 


                         Cliquer sur la flêche pour lancer l'animation
 

 

- Cicatrices de la libération

Les combats ayant précédé la libération du village, bien que moins destructeurs que ceux qui ont eu lieu à Banogne, Recouvrance, Asfeld, St Germainmont ou encore Herpy l'Arlésienne, villages qui se trouvaient sur la "Hundig stelling", ligne de défense allemande qui partait de Marle, rejoignait l'Aisne à Gomont et suivait cette rivière jusqu'à Rethel, où eurent lieu des combats acharnés avant que l'ennemi ne cède, ont apporté à notre village leurs lots de destructions suite aux bombardements aériens subis les 27 et 29 octobre 1918, en particulier celui du 27 qui toucha entre autre l'église du XVe siècle, ravagée par un incendie. Seuls les murs subsistèrent. La nouvelle église, reconstruite dés le conflit terminé, le fut sur ces mêmes murs.

Compte-rendus des opérations de la 1ère Division Aérienne des 27 et 29 octobre sur Seraincourt et ses environs



      Cliquer sur les photos pour les agrandir(une seconde fois avec Mozilla-Firefox) 

  

 

  
    
 
   
 

Dés que la "Hundig stelling" eut cedé, les troupes allemandes entamèrent un mouvement de retraite ordonné, continuant les combats mais en reculant.

Les troupes françaises qui avaient combattu sur cette ligne continuèrent leur pression et libérèrent les villages occupés depuis plus de 4 ans les uns derrière les autres.

C'est ainsi que les 82ème, 170ème, 174ème et 409ème régiments d'infanterie parvinrent aux portes de Seraincourt et de sa région dés le 5 novembre. 

  • 174ème R.I.: marchant en parallèle avec le 170ème, ce régiment atteignit le bois se trouvant au nord-ouest de Seraincourt le 6 novembre à 6 heures. C'est sous le tir nourri des mitrailleuses ennemies qu'il pénètra et délivra le hameau de Forest puis poursuivit sa marche victorieuse vers Chaumont-Porcien qu'il atteignit en fin de journée.

*Journal de Marche et des Opérations du 174ème R.I. du 6 novembre 1918

*Journal de Marche et des Opérations du 174ème R.I. Du 7 novembre 1918  

  • 409ème R.I.: Le 6 novembre à 11 heures, par suite de la progression des régiments de tête de la Division, les 170ème et 174ème R.I., le 409ème vint occuper le village de Seraincourt.

L'État-Major s'installa à la sortie ouest de Seraincourt puis au centre du village.

Le 1er bataillon au Moulin à 800m au nord du centre du village.

Les 2ème et 3ème bataillons dans Seraincourt, à cheval sur la route Marle-Verdun.


     *Journal de Marche et des Opérations du 409ème R.I. des 6 et 7 novembre 1918

 

  • 82ème R.I.: le 6 novembre ce régiment suivit la progression des 170ème et 174ème R.I. mais plus à l'est. Il atteingnit les fermes de « La Piscine » et de « Flaye » en début de journée puis contrôla la route Seraincourt-Ecly avant de pénétrer dans Remaucourt qui n'était plus occupé. Dans la même journée il poursuivit son avancée en occupant Chappes et Adon où 150 civils furent délivrés.

*Journal de Marche et des Opérations du 82ème R.I. du 6 novembre 1918

*Journal de Marche et des Opérations du 82ème R.I. Des 6 et 7 novembre 1918

 
        - Seraincourt: Hommage à ses fils morts pour la France
 


 

BAUDET René

BONCOMPAGNE Robert

BOUXIN Paul

DECARREAUX Paul

FAUX Camille

GORET Eugène

HOURDEAUX Charles

HUART Eugène

HUART Marcel

LADAME Gaston

LADAME Paul

LEFÉVRE Joseph


 

LENOIR Paul

LORIETTE Omer

PECCAVET Henri

PETIT Fernand

RÉMOND Léon

RICHARD Arthur

SENÉ Phélicien

SENÉ Julien

SILLON Charles

STÉVENIN Émile

VIMART Fernand

CHARPENTIER Joseph


 

Le monument aux morts de Seraincourt a été inauguré le 23 octobre 1921. Initialement situé sur la place publique face à la Mairie, il a été déplacé près de l'Église. La photo ci-dessus représente cette inauguration(cliquer ici pour l'agrandir). Sur la droite, les vingt-quatre militaires de Seraincourt ayant été déclarés "Mort pour la Fance" au cours du conflit 1914-1918. Vous pouvez cliquer sur chaque nom pour faire apparaître la fiche décrivant les conditions du décés.


        A l’origine, la fonction des monuments aux morts a été de rassembler la population autour du souvenir de ceux qui ne reviendront plus vivre dans la cité, faisant ainsi participer la commune au travail de deuil des familles. Par ailleurs, graver les noms des morts revenait à donner à ceux-ci un peu de cette gloire dont étaient alors parés ceux qui s’étaient sacrifiés pour la victoire des armées françaises.

Ainsi, plus de 36 000 monuments aux morts furent érigés en France entre 1918 et 1926.

Leur situation dans l'espace communal n'est jamais innocente: à proximité de la mairie, de l'école, de l'église, du cimetière, au milieu de la place publique.

L'inscription d'un nom se justifie pleinement lorsque le défunt, décédé au cours d'une guerre ou d'opérations assimilées à des campagnes de guerre, est titulaire de la mention "Mort pour la France", et est né ou domicilié légalement en dernier lieu dans la commune considérée.

 

 

 

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